Ralphie’s story : Chapitre 8 Ralphie et le dragon

 

Un grognement sourd venait de la cour… un grognement puis un aboiement particulier.

Un truc clochait …Ralphie aboyait très rarement et celui là qui venait des tréfonds de sa gorge sonnait comme une mise en garde.

Inquiète je me dirigeais vers la fenêtre ouverte.

Ralphie avançait par petits sauts en grognant et en aboyant. Le poil le long de sa colonne vertébrale était dressé. Cela formait une crête qui partait de son échine jusqu’au bout de la queue.

La voir ainsi augmentait mon inquiétude, il devenait évident que quelque chose se passait dans la cour.

Mais j’avais beau regarder dans tout le jardin, je ne voyais rien.

Enfin je ne voyais pas d’intrus potentiels ni de débris quelconques détachés d’un truc de l’espace comme un morceau de la station spatiale.

Je ne comprenais pas….

Qu’est-ce qu’il lui prenait ?

Elle avançait de trois pas puis reculait de deux toujours en grognant et en aboyant.

Je l’appelais alors, elle se retournait me regardait et recommençait son manège.

Elle me donnait l’impression de regarder le ciel. Avec le store baissé de la terrasse je ne voyais hélas pas ce qui pouvait la mettre dans ces états.

Malgré tout, connaissant mon Beagle pour sa capacité à avoir peur de choses impensables et incongrues, une plume dans le vent lui faisait se réfugier dans mes jambes, je m’attendais à trouver dans le ciel des étourneaux effectuant des arabesques ou des brins de paille échappés d’une botte dansant dans le vent.

Je me suis avancée alors pour voir à quoi ressemblait la terreur du beaglou.

A peine ai-je levé les yeux au ciel qu’un gros soufflement me fit sursauter. Et là j’ai vu, je m’attendais à tout mais pas à ça !

J’ai vu un dragon craché des flammes et souffler, souffler.

C’est, ce que je pense, ce que ma Ralphie voyait, un dragon voulant attaquer sa Môman.

La montgolfière perdait de plus en plus d’altitude, le pilote ne voulant s’en doute pas atterrir sur mon toit ou sur celui du voisin mettait les gaz plus qu’à l’ordinaire, je suppose.

On voyait nettement les flammes et ce bruit….le cri d’un dragon, sans aucun doute.

La Montgolfière a repris de l’altitude, s’est éloignée et ma chasseuse de dragon est revenue vers moi avec un air tellement fier que je vous jure que j’ai eu l’impression qu’elle me disait «  T’as vu Môman je t’ai défendu, j’ai chassé le vilain dragon !

Ralphie’s story . Chapitre 7

Chapitre 7 : Le beagle, le chat, la foldingue et le petit lapin.

Le chat ayant chassé toute la journée,

se trouva fort dépourvu

quand le beagle exprima un refus.

Il ne voulait pas ingurgiter

le moindre morceau de souris !

Le beaglou n’aurait-il plus d’appétit ?

Était-il hermétique aux cadeaux

que le minou lui déposait chaque jour

devant ses pattes ou de son museau ?

Le chat, perplexe, pensait lui prouver son amour.

« Qu’à cela ne tienne !  s’écria la minette,

Je vais aller chercher plus gros,

qu’un souriceau de compét’,

et ainsi rapporter illico,

un dodu et gros lapin,

pour que le beagle fasse un festin. »

C’est ainsi qu’un beau matin ensoleillé,

elle déposa devant sa seigneurie Beaglou,

un lapinou bien vivant et grassouillet,

qu’elle avait chopé sortant de son trou.

Ce que la minette n’avait pas prévu,

c’était la foldingue, surtout de sa venue,

pour empêcher sa seigneurie

de festoyer en catimini.

Le chat surpris par la présence d’un humain

lâcha aussitôt sa proie …ouf ! cours petit lapin !

Mais le beagle attiré par une odeur alléchante,

voulu récupérer cette chose attirante,

se mit à sa poursuite entre les murs du jardin.

La foldingue étonnée par la vigueur de son chien,

voulut bien évidemment sauver le lapinou,

et se mit à courir derrière le beaglou !

La minette quant à elle se garda bien d’intervenir,

se posta tranquillement sur le mur du voisin.

Elle devait être morte de rire

en regardant la foldingue courir après son chien.

Le Beagle déclara forfait devant la mine atterrée

de sa Môman qui venait de chuter.

Le petit lapin fut sauvé et parti rejoindre sans une égratignure

ses copains dans le fond d’un terrier.

Sauver un lapinou, c’est pas une sinécure

Mais ça vaut bien un genou explosé !

Ralphie’s Story . Episode 6 : Wouaf Vs Miaou ou le plus têtu n’est pas celui qu’on croit !

Chapitre 6 : Wouaf Vs Miaou ou le plus têtu n’est pas celui qu’on croit !

J’ai longtemps hésité à la façon dont j’allais vous raconter cet épisode de la vie de Ralphie.

Mon point de vue n’aurait, je pense, pas apporter grand-chose.

J’ai fait ce qu’il m’a semblé être bien et logique, mais qu’en était-il du point de vue de Ralphie, ma Fifou qui arborait fièrement son statut de seul animal de la famille apte à recevoir caresses et amour ?

Alors je me suis mise, le temps d’un chapitre, dans la tête de Ralphie et essayé de retranscrire ses pensées et émotions.

Il était une fois un jour ordinaire….

« Je te sens, je t’entends, tu viens roder dans mon allée. Comment oses tu mangeur de souris, comment oses tu pénétrer dans mon antre ? »

« Aujourd’hui je t’ai aperçu, ton pelage est rayé…bizarre. Je t’ai pourtant signifié que tu n’étais pas le bienvenu. J’ai aboyé, grogné, j’ai même gonflé mon échine. J’espère que tu as eu peur. »

Les semaines qui suivent …

«  Tu reviens, inlassablement. Tu reviens fouiller dans les poubelles. Tu as de la chance qu’une porte nous sépare. Je te vois à travers les lattes de bois. Je t’ai pourtant signifié de partir, j’aboie, je grogne mais rien y fait, tu reviens encore et encore. »

«  Tiens, pourquoi Môman te met des trucs à manger ? Du thon ? Du jambon ? T’es un voleur, c’est à moi, tu entends, les trucs qui se mangent sont à moi ! Dégage de mon territoire GRRRR»

« Qu’est ce que c’est que cette odeur ? Le bruit je connais, c’est le bruit des croquettes que l’on verse mais cette odeur….Hum trop appétissant et Môman ne veut même pas m’en donner. Par ta faute vilain chat, je fais la tête à ma Môman … GRRRR tu me le paieras ! »

«  Môman continue de nourrir le chat…Pfff ….mais je sais que Môman m’aime toujours, elle me l’a dit. Elle m’a dit que le pauvre minou était affamé et abandonné…Mouhais, m’en fous, je veux rester la seule pour Môman. »

« Môman a ton odeur sur les mains, elle t’a touché, caressé… Alors si ma Môman te touche, t’es peut être pas si méchant tout compte fait. Alors ok pour la bouffe et les caresses mais ne rentre JAMAIS dans ma maison ! »

«  Eh oui je t’ai vu sur le mur, je sais que tu m’observes mais moi aussi je garde un œil sur toi. Méfies toi vilain chat, si tu approches trop je ne te louperai pas GRRRR !»

«  C’est ça vilaine minette, fais ta toilette. Môman a dit que tu étais une fifille mais ça ne change rien, ne met pas un de tes coussinets sur MA terrasse ! »

«  Môman empeste, je sens ton odeur partout sur elle mais elle me câline toujours autant alors je suis d’accord pour ne plus grogner ni n’aboyer sur toi mais reste de ton côté, ça me va parfaitement »

«  Comment as tu osé ? Je sens ton odeur sur les dalles, sur le salon de jardin, dans la pelouse… tu es venue vilaine. Je ne suis pas d’accord Nouche, c’est comme ça que Môman t’appelle non ? »

«  Salut Nouche, comment vas tu du haut de ton mur ? …eh oh ….GRRR ne descend pas ! »

Et puis un matin…

«  Comment ça ? Tu es sur ma terrasse ? Ne me regardes pas, je t’interdis de me regarder avec cet air là. Je vais te montrer qui je suis …. Eh ! pourquoi tu m’as filé deux coups de pattes sur le museau…. Ouais je sais t’as pas mis les griffes… tu fais quoi là ? Tu ronronnes ? Tu veux un câlin ? Ok ok la minette on est copines mais je te préviens, ne piques jamais mon coussin ! »

Et puis un jour….

«  Nouche, zut tu exagères, c’est mon coussin ! Ok je me couche ailleurs. Ouais je t’aime aussi ! »

Les deux copines ont vécu 6 ans ensemble, et puis un jour Nouche s’est retrouvée seule. Un mois après le départ de Ralphie, Nouche n’a pas vu la voiture en traversant la route ….

Ralphie’s story . Chapitre 5 Test d’intelligence … ou pas !

C’était un jour après l’école.

Mon jeune fils et moi étions assis à la table de la salle à manger.

J’étais en pleine recherche de mes motions de géométrie et je me creusais fortement la cervelle.

Comment expliquer des problèmes de circonférences, d’angles droits ou obtus, de parallélogrammes ou de symétries alors que je n’arrivais même pas faire le tour de mon cortex cérébral pour trouver une solution.

Pendant le temps ou j’essayais de contourner quelques obstacles mathématiques, mon « grand », installé dans le salon, était scotché à la télé et écrivait sur une feuille de papier.

En mon for intérieur, j’éprouvais une certaine fierté en l’imaginant prendre des notes pour un devoir d’histoire ou recopiant une recette de gâteau qu’il voulait me préparer par surprise.

Quand enfin je relevais la tête après un arrachage de cheveux en bonne et due forme, mais heureuse que mon jeune fils ait enfin crié « Eurêka, j’ai tout compris Maman », je vis mon « grand » s’approcher.

Il se posta devant moi, le papier à la main et me dit :

– Je vais faire un test d’intelligence sur Ralphie, c’est simple, j’ai tout noté.

– Pour quoi faire ? Lui répondis-je

– Ben, pour prouver qu’elle est super intelligente !

Évidemment je n’ai pas osé rire, mon «grand» avait l’air tellement sérieux.

Je savais ma Ralphie la reine des têtus et c’est amplement suffisant pour moi.

Je me suis contentée de répondre :

– Ok, si tu veux, si tu as besoin d’aide pour dompter le fauve, je suis libre.

– Oui, attends me répondit-il en se dirigeant vers la cuisine.

C’est quand il est revenu avec une boite de Tic Tac entre les mains que j’ai eu un sacré doute.

– Pas maintenant les sucreries lui dis-je automatiquement.

– Ne t’inquiètes pas Maman, ce n’est pas pour moi c’est pour Ralphie. A la télé ils ont dit de faire le test avec un truc qu’elle adorait manger, ce sont ceux à l’orange, ses préférés.

Alors là, première nouvelle, ma chienne mangeait des Tic Tac et elle avait ses préférences en plus.

Je n’ai pas eu le temps de formuler la moindre objection que mon fils m’expliqua :

– Je vais mettre les bonbons à plusieurs endroits, tu vas tenir Fifou et c’est important qu’elle me regarde. Ensuite on va jouer un peu avec elle dans le jardin, quand on rentrera, si elle est intelligente, elle se souviendra de l’endroit exact ou j’ai caché les bonbons.

J’aurai pu lui dire «  Tu sais mon cœur, pas besoin d’intelligence, son flair suffira » mais je n’ai rien dit, il était tellement emballé pour faire cette expérience.

Alors oui, Ralphie a retrouvé tous les Tic Tac, elle a fait exactement le même parcours de son petit maître, plusieurs fois de suite et a même réitéré le lendemain, au cas où je suppose.

Je ne vous dis pas la fierté de mon fils, tellement fier qu’il a voulu tenter un autre test qui consistait à déposer une friandise sous un pot, de préférence léger pour que le chien puisse le pousser sans difficulté (sans blague… je vais couler un chape de béton sur le Tic Tac comme ça ma chienne ne fera pas la maligne).

Il paraît que certains chiens aboient sur le pot, d’autres se contentent de tourner autour ou s’en désintéressent.

Le pot utilisé pour Ralphie était un Tupperware et ce que je peux vous dire c’est que le pot a volé.

De là à dire que Ralphie était la plus intelligente, il y a un pas que je franchirais pas.

De plus Ralphie était un beaglou et tout le monde sait qu’un beaglou est capable de « prouesses » quand il s’agit de becqueter un petit morceau non ?

Ralphie’s story . Chapitre 4

Chapitre 4 : Pourquoi les chiens ne savent pas lire.

Dans une galaxie lointaine, très lointaine …

Bon d’accord, ce n’était pas dans une autre galaxie, aucun Jedi n’est intervenu mais je suis certaine que mon fils aîné âgé à l’époque de 13 ans a cru certainement avoir à faire au coté obscur de son professeur de français, qu’on nommera Madame Vador.

Il était en classe de 4ème et devait lire un livre pendant les vacances de Pâques et, bien évidemment, Madame Vador intransigeante à ce sujet demandait un résumé détaillé pour la semaine de la rentrée.

Mon fils, que l’on appellera Han Solo, ado de son état, procrastinait sans cesse pour effectuer ce travail imposé.

Avant-dernier jour du week-end avant la rentrée, je me fâche et lui interdit tout autre activité avant que le mot fin de l’ouvrage n’apparaisse devant ses yeux.

Il peste, râle mais se plonge dans le livre par intermittence….une phrase par ci, une phrase par là, et la pause goûter qu’il fait durer bien plus que nécessaire.

Devant mon regard menaçant ( genre regard de Yoda en colère ) il finit par capituler.

Il fait beau, la porte fenêtre ouverte sur le jardin et quand il veut reprendre le livre … disparu, envolé !

Un coup d’œil dans le jardin lui fait comprendre l’horreur de la situation.

Ma Ralphounette beagle de son état ayant trouvé cet objet rigolo et fort instructif, l’avait emmené dans le jardin et en avait commencé la lecture.

Évidemment un chien quand il lit un livre, c’est rarement avec les yeux, mais cela se passe généralement entre le palet et la langue.

Le livre de poche s’est retrouvé atomisé.

Confettis de poche aurait plus approprié pour l’appellation.

Han est revenu vers moi, paniqué et en colère après ma Ralphounette.

Ma réaction ? Alors comme tout Yoda qui se respecte je lui ai dit :

« Si le livre, plus tôt, tu avais terminé,

Rangé il aurait été,

Et bouffer Fifou ne l’aurait pas fait ! ».

Et Ralphie dans l’histoire me diriez vous ?

Elle n’ a pas été puni bien évidemment, et puis, de toute façon je lui aurai dit quoi : « J’espère que tu l’as dévoré dans tous les sens du terme, maintenant fais nous un résumé» ou bien « crache le chapitre 20 et l’épilogue ? ».

Bon, Yoda a quand même rassurait Han en lui disant que Madame Vador comprendrait et qu’elle lui laisserait quelques jours supplémentaires pour terminer son devoir.

En fait Madame Vador n’a pas été compatissante du tout, elle a puni Han, l’a accusait d’avoir menti et lui a dit :  «  Tu devrais avoir honte d’accuser ce pauvre toutou, une pauvre bête innocente, c’est quand même la première fois qu’on me sort de genre d’excuses ».

Ah ah ! pauvre toutou, pauvre bête innocente…. Apparemment Madame Vador n’a jamais, au long de sa carrière, eu a faire à un beaglou « mange-tout » !

En y repensant je pense que Ralphie voulait aider mon fils à finir le livre plus vite, ce qu’elle a fait d’ailleurs ou alors… Zut je n’y avais pas pensé jusqu’à aujourd’hui…. Pauvre Ralphie qui voulait s’instruire, vraiment incomprise sur ce coup là !

Maintenant vous savez pourquoi les chiens ne savent pas lire, c’est parce qu’on leur interdit !

Ralphie’s story. Chapitre 3

Chapitre 3 : Mamie et le surf des neiges.

Ralphie était une jeune beaglette dans la force de l’âge. La promener se révélait être parfois un entraînement d’haltérophilie tellement elle pouvait tirer sur la laisse et quand elle apercevait un toutou, impossible de lui faire entendre raison.

Ce qui était paradoxal, c’est que je la lâchais régulièrement dans les chemins et les champs et qu’elle revenait généralement à mes pieds au son de ma voix.

Je dois quand même avouer que, lorsqu’elle était ainsi en liberté, tous mes sens étaient en éveil et j’essayais d’anticiper ses réactions pour pouvoir l’appeler avant qu’elle ne prenne la poudre d’escampette.

Mais anticipation ou pas, je crois qu’elle faisait ce qu’elle avait envie, quand elle en avait envie.

Nous l’emmenions partout et les sports d’hiver ne faisaient pas exception.

Nous étions donc en vacances à la montagne et ma mère nous avait accompagné.

Elle ne faisait pas de ski mais adorait les paysages enneigés et regarder ses petits fils devenir des as de la glisse.

Elle avait gentiment proposé de promener Ralphie quand nous serions sur les pistes en train de slalomer, glisser et chuter parfois, en train en somme, de profiter pleinement de notre semaine au ski.

Je lui avais fortement déconseillé en lui expliquant qu’elle n’était pas assez musclé des épaules et des bras pour contenir une beaglette en pleine activité de «  je kiffe grave courir dans la neige ».

Je me souviens que ma mère m’avait alors regardé puis regardé Ralphie et m’avait dit :

– Tu ne me crois pas capable de promener un chien du gabarit de Ralphie ? Franchement tu exagères !

Alors oui, c’est vrai, je n’avais pas insisté, après tout Ralphie n’était pas Godzilla non plus.

C’était le mardi, mon mari, mes enfants et moi rentrions tranquillement à pied sur le lieu de location, après avoir passé un superbe après-midi ensoleillé à expérimenter des techniques de virages contrôlés ou pas d’ailleurs pour la plupart, mais nous rentrions épuisés et heureux.

Mes enfants escaladaient les murs de neige laissés là par le chasse-neige, ils sautaient et couraient, apparemment l’épuisement les concernant n’avait été que passager, quand soudain plus haut sur le chemin mon plus jeune garçon aperçu Ralphie.

Il eut la merveilleuse idée d’appeler son chien.

Ralphie s’est mise à l’arrêt, a regardé dans notre direction puis a effectué un démarrage digne d’un départ d’une course de formule 1.

Hélas, au bout de la laisse se trouvait ma petite maman qui, malgré toute sa volonté ne pût retenir l’animal.

Je vous laisse un instant imaginer la scène….une mamie faisant des « ah », des « oh » et des timides « au secours », le bras arraché par un fauve qui n’avait qu’une seule idée…aller retrouver ses petits maîtres et peu importe si le collier lui serrait un peu fort le cou.

Ma petite maman n’a jamais lâché la laisse, elle s’est vite retrouvé à plat ventre sur le chemin enneigé expérimentant bien malgré elle, la sensation d’une glisse particulière tractée par une beaglette fougueuse un chouïa déterminée !

Ce fut la première et dernière fois que Mamie promena le fauve.

Ralphie’s story . Chapitre 2

Chapitre 2 : Ça commence bien !

Cela faisait une semaine que Ralphie était parmi nous. Un jour de barbecue en famille, elle s’est mise à éternuer, éternuer, sans faire de pause.

Évidemment ce genre de truc arrive forcément un dimanche et ne voulant pas déclencher le plan ORSEC trop tôt, je décidais d’attendre le lendemain d’autant plus que les éternuements avaient l’air de se calmer.

Effectivement ils avaient eu l’air seulement, parce que pendant la nuit cela a repris de plus belle.

Devant cette attitude inhabituelle, je décidais donc de l’emmener chez le vétérinaire.

Diagnostic : petite branche de thuya très enfoncée dans sa narine gauche .

Je me demande bien comment elle a fait pour se fourrer une branche là dedans.

Le plus compliqué a été de lui retirer. Ayant déjà à son age un caractère fortement marqué elle ne s’est pas laissée faire mais alors pas du tout !

L’intrus a tout de même était retiré sans devoir lui faire une anesthésie complète.

Donc pour éviter que cela se reproduise, mon mari à décidé de mettre un petit grillage devant le pied des thuyas pour que la « vilaine bête » ne s’adonne pas de nouveau à un snif de beaucoup trop près. Comme on dit « mieux vaut tenir que courir » et ce dispositif provisoire nous a été d’une grande aide ….HE HE elle ne pouvait plus se cacher !

Les semaines, les mois défilés et je vous passe les épisodes de pieds de table mordillés, les chaussures tout cuir et toutes neuves désintégrées, les trous … enfin d’innombrables trous dans le jardin, tellement nombreux qu’on se tordait les chevilles à chaque pas, les jouets des enfants atomisés, les crayons réduits en miettes, les télécommandes dézinguées, la boite de Kinder avalée ainsi qu’une demi livre de beurre, l’essai de gobage d’un énorme blanc de dinde ( elle a failli s’étouffer d’ailleurs ), les escapades dans le village ainsi que la disparition corps et âme d’un verre de lunettes…. la vie classique d’un beaglou en somme.

Plus elle grandissait, plus elle montrait l’étendue de son caractère bien trempé.

Quand elle avait décidé, elle faisait preuve d’un ténacité sans égale. On aurait plus l’ «étriper» sur place qu’elle n’aurait pas changé d’avis.

Par exemple, quand elle avait décidé que sa place était près de moi dans le canapé, elle se glissait doucement entre moi et l’intrus ( un de mes enfants ou mon mari en général, mais elle le faisait avec n’importe qui ), glissait ses fesses et poussait. C’est ainsi qu’un coup de cul par ci, un coup de cul par là elle se retrouvait exactement ou elle avait décidé, c’est à dire collée à moi, la tête sur ma cuisse.

Elle n’a jamais montré d’agressivité sauf une fois alors que j’essayais de lui retirer un os qu’elle mangeait « illégalement » dans le salon. Elle a grogné assez fort. Je l’ai regardé sans broncher, je l’ai attrapée par le cou et lui ai dit d’une voix sèche et sans appel : «  NON, ne refais jamais ça ! »

Elle ne l’a jamais refait. De ce jour là, quand elle mangeait un os et que quelqu’un s’approcher elle posait l’os devant ses pattes et on pouvait ainsi le ramasser. Ce n’était pas de gaieté de cœur qu’elle le faisait mais je crois qu’elle avait compris qu’il y avait des choses à ne plus jamais tenter.

Par la suite, elle les enterrait avant que je lui reprenne quand je les jugeais trop sales ou trop petits. Elle aimait bien les planquer dans mes rosiers. Je n’ai plus de rosiers aujourd’hui, on se demande bien pourquoi.

Ce n’est pas qu’elle m’obéissait, je n’irai pas jusque là mais cela lui faisait plaisir de me faire plaisir alors elle répondait à certaines demandes de ma part et comme je n’étais pas la reine de «assis, couché, pas bougé» cela lui convenait parfaitement.

En vérité il y avait un endroit ou Mademoiselle Jekyll devenait Mademoiselle Hyde … Chez le vétérinaire. Il la surnommait « le phénomène » ou « tête de bourrique » selon le cas et ses attitudes à la fois hilarantes et affligeantes seront narrées plus tard.

Ah, ma beaglette au cœur d’or, ma super tête de mule, ma gourmande, mon aspirateur à miettes, ma bouillotte, mon clown, ma tendresse, je crois que j’ai fini de te présenter, les histoires sur tes péripéties peuvent enfin commencer.

RALPHIE’S STORY.

Prologue :

Certains moments sont gravés dans notre mémoire, des moments heureux, malheureux ou insolites. Et puis ces petits trucs qui semblent anodins auxquels on ne prête qu’un très brève attention mais qui font réfléchir à posteriori et qui s’avèrent être une source d’émotion.

J’ai puisé dans mes souvenirs et dans ceux de ma famille, j’ai ri mais j’ai pleuré aussi et tout ce que je vais vous raconter en fait partie. Si j’ai pris quelques libertés, c’est dans la façon de narrer certains épisodes, vous le découvrirez.

Le choix d’un Beagle n’était pas une évidence, je n’en connaissais pas, et comme beaucoup de ma génération, j’avais grandi sans smartphone, sans internet, sans Facebook, sans programme télé avant 10 h du matin etc.

Ma passion des animaux a toujours existé, et, pour satisfaire cette passion, je demandais des livres à chaque occasion.

C’est ainsi qu’au fil des années ma bibliothèque comptait une multitude d’ouvrages sur les chiens, chats, chevaux, loups, dauphins, animaux sauvages, sur toutes sortes d’animaux à poils, plumes ou écailles.

Quand j’ai quitté le domicile familial, j’ai toute de suite accueilli un chien dans mon nouveau foyer. C’était un Colley, il s’appelait Niki et son histoire mériterait elle aussi qu’on s’y intéresse, mais nous sommes là pour Ralphie, ma beaglette, ma chienne qui m’a fait tomber irrémédiablement amoureuse d’une certaine race de chien têtu aux grandes oreilles.

Niki nous avait quitté. Un drame bien évidemment, mais au bout de quelques mois le manque d’un bruit de pattes se faisait sentir.

Mais pas question pour moi de reprendre la même race, j’avais, à l’époque le sentiment que je ferai forcément des comparaisons et je trouvais que mon Niki avait été si « parfait » que j’avais peur de ne laisser aucune chance à un éventuel futur Colley.

Alors je me suis plongé dans mes livres et j’ai revu cette photo d’une chienne beagle qui me faisait ressentir des trucs, des choses différentes.

J’ai alors dit à mon mari : «  Voilà, je le sens, je le ressens, je veux un Beagle »

Coup du destin ? Prédestination ? Peu importe, je vais vous raconter comment est arrivée ma Ralphie et les péripéties qui ont jalonné sa vie.

Chapitre 1 : L’arrivée

C’était décidé, on aurait un beagle, il ne restait plus qu’à le trouver.

Grâce à un stage de perfectionnement internet que mon mari effectuait ( si, si ça se faisait mais je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ), il trouva, non sans difficultés, un élevage.

Coup de téléphone et miracle….une portée venait de venir au monde.

Coup du destin ?

Sans la voir ni la choisir on a juste dit «  on veut une femelle », mon mari a précisé «  avec le plus de noir possible dans son pelage » allez savoir pourquoi.

L’aventure venait de commencer.

Quelques semaines à patienter et Ralphie serait bientôt parmi nous.

L’élevage se trouvait à 600 kms de chez nous, qu’à cela ne tienne, par une nuit d’août, nous voici donc partis chercher le beaglou.

Arrivés à destination, chez l’éleveur, nous vîmes d’immenses enclos avec des dizaines de beagles, tous adultes.

L’inquiétude se fit sentir, ou est notre promise ?

L’éleveur arriva et devant notre mine déconfite sans doute, nous rassura :

« Elle n’est pas ici, la mère et ses chiots sont chez mon père au calme, venez c’est tout près. »

Effectivement la maison du papy était tout près et à peine entrés dans la cour qu’une magnifique beaglette venait nous accueillir.

Papy la suivait et après les présentations d’usage et formules de politesse, se pencha vers la beaglette et lui dit :

«  Va ma Nouki, va chercher tes bébés ».

Devant mes yeux abasourdis, la chienne a fait demi tour et est revenue quelques instants plus tard avec 5 magnifiques petits bébés tout trognons.

L’éleveur les regardait, songeur, soulevait un à un les petits et disait entre ses dents «  non, c’est un mâle, non pas elle, non plus … ».

A vrai dire, je ne savais pas trop quoi en penser mais je commençais à flipper grave… Aurait-il perdu mon bébé ou quelqu’un l’aurait-il donné à quelqu’un d’autre par inadvertance ?

Puis il regarda le papy et lui dit «  Elle n’est pas là ! »

Papy se mit à réfléchir en se grattant la tête, et franchement je ne sais pas pourquoi les gens ont l’habitude de se stimuler le cuir chevelu dans ces cas là. Peut-être est ce que cela aide certains à faire remonter plus vite les infos, je ne sais pas.

Quoi qu’il en soit, ça a eu l’air de l’aider puisqu’il a ajouté avec un visage illuminé :

«  Je sais ou elle est ! ».

Bon enfin une bonne nouvelle. Il est partit en direction des thuyas qui bordaient le jardin, se mit soudain à quatre pattes et disparut parmi les branches basses d’un sapin.

Quelques minutes plus tard, enfin je crois à vrai dire je ne sais pas puisque j’étais en apnée, il est réapparu. Son fessier en premier puisqu’il faisait marche arrière mais, oh miracle, avait dans sa main gauche le plus magnifique bébé beaglou de la création, ma Ralphie.

Il me la posa dans les bras et m’a dit «  Elle n’en fait toujours qu’à sa tête cette crapule ! ».

J’étais émerveillée, elle est si belle, si douce ….si désobéissante.

Cet épisode aurait dû nous mettre la puce à l’oreille mais on était tellement gaga devant cette petite boule de poils que sur le coup on y a pas prêté attention.

Mouhais, donc …. l’ouragan Ralphie venait de mettre un pied dans notre maison !

A l’affût !

Mes premières tentatives s’étaient soldées par un échec.

Dompter la bête n’était pas chose aisée.

Je croyais que, forte de mon expérience, j’allais réussir à canaliser le fauve. Hérésie !

Il était malin comme un singe et rapide comme une gazelle.

Il fallait donc la jouer très finement et détourner son attention quelques instants, le temps pour moi de cacher l’arme dans la poche du gilet.

La vue de cette arme le mettait dans un état indéfinissable. Il devenait comme « habité » et se lançait dans une sorte de danse bizarre et équivoque qui me laissait perplexe.

A mon grand étonnement, cette première partie du plan fût réalisée assez facilement. Je peux dire que j’étais fière d’avoir trouvé un subterfuge simple mais grandement efficace.

Le plus difficile restait à accomplir. Je me tenais maintenant debout devant lui, prête à l’affronter.

J’avais réduit son rayon d’action réduisant ainsi toutes les possibilités de fuite.

Maintenant la bête s’était assise à quelques pas de moi et quand son regard perçant rencontra le mien, je compris que le duel psychologique venait de commencer.

Elle se doutait que quelque chose n’était pas normal mais j’étais déterminée et je n’avais pas peur.

Peut être que le fauve envisageait, imaginait les opportunités de fuite ou analysait les probabilités de réussite en effectuant un saut de gazelle, une attaque de front, une intimidation en laissant sa voix roque envahir l’espace ou simplement une reddition je ne sais pas mais pas un poil ne bougeait.

Je me sentais évidemment observée et cela aurait pu me créer quelques frayeurs si je n’avais pas, à cet instant précis, la complète connaissance de mes aptitudes.

Malgré tout, j’espérais sincèrement qu’il choisisse la reddition parce que mes muscles tendus à l’extrême commençaient à me faire souffrir.

Et puis subitement, il détourna le regard et je profitais de ce moment d’inattention pour effectuer une percée. Je bondis et je l’attrapais par le cou tout en m’écriant «  je t’ai eu ! je t’ai eu ! ».

Le fauve accepta la défaite, se coucha en me lançant un regard implorant.

Je n’eus aucune pitié et je pus alors sortir l’arme…. Le spray auriculaire !

Grâce à toi

 

Il y a des jours comme ça

ou le mal se réveille,

Il y a des jours comme ça

ou la maladie s’en mêle,

quand chaque pas est brûlant

et chaque geste inconvenant.

Mais aujourd’hui tu es là,

tu m’épies, me surveilles,

tu sembles sûr de toi,

mon beaglou, ma merveille.

Et puis tu prends un jouet,

le déposes près de moi, dans mes mains,

ou du moins au plus près.

Et ton regard noisette plonge alors dans le mien,

tu sembles me dire : « Joue avec moi,

ne te morfond pas, ose et lève toi ! »

Alors je me lève et j’enfile mes chaussures,

je met ton harnais et attache ta longe,

je regarde ta joie, tu as gagné, c’est sûr,

je sens alors mes pas, doucement, qui s’allongent

je sens la douleur s’évanouir et le gris disparaître,

ton amour est puissant et ton pouvoir immense.

Grâce à toi, chaque jour enfin, j’ose et puis j’avance,

Grâce à toi, chaque jour j’ai l’impression de renaître.