Suite et fin de  » Roméo veut retrouver Juliette »

Quand mon mari et moi avons choisi les pierres pour la fabrication du parterre anti-tunnel, on a hésité. Grosses ou petites ?

Petites pierres…. Murphy allait peut être en faire son quatre heure (Si vous avez suivi les aventures de Murphy vous savez qu’il a un faible pour le bolduc…et les bulbes de jacinthe… et les branches de framboisier….et les télécommandes …Bref c’est un beaglou aspirateur comme il en existe tant alors manger des petits cailloux blancs… je dis pourquoi pas?)

Grosses pierres …. Merde le passage en caisse risquait d’être douloureux .

Donc on a opté pour les deux, couche de petites sur la bâche plastique pour maintenir celle-ci et éviter la pousse de mauvaises herbes et couche de grosses pour cacher les petites.

Le résultat était je l’avoue, magnifique… jusqu’à ce que mon Roméo passe à l’action après quelques semaines d’inactivité et décide de délocaliser les grosses pierres dans la pelouse. Pourquoi me diriez vous ?

Non, non pas pour se délecter de petits cailloux blancs… Étonnant n’est-ce pas ?

Il enlevait les grosses pierres de Marbre pour accéder plus facilement au plastique sur lequel il tirait, tirait, tirait …et finissait par arracher par morceau par morceau.

Je suppose que son idée était de virer le tout et recommencer son ouvrage.

Non mais c’est qui qui commande ? Alors j’ai remis inlassablement en place les petits et gros cailloux !

Bon maintenant le joli parterre n’est plus si joli que ça vu qu’il est pas mal rafistolé, les petits rondins de bois n’ont plus la tronche d’une pose au « cordeau » , les cailloux blancs ne sont plus vraiment blancs, peut être dû à un canidé têtu aux grandes oreilles qui s’est amusé à les mélanger à la terre mais… mais… Murphy a abandonné son projet de tunnel !

Qui c’est le plus têtu ?

La malheureuse dans l’histoire c’est Juliette parce que son Roméo va l’embrasser beaucoup moins souvent.

Et je me demande même, si il ne lui aurait pas dit en langage chien : «  Désolé ma Juliette mais là je vois vraiment plus que je peux faire… et puis je voulais te dire et ne le prends pas mal mais j’ai rencontré une golden retriever… ouah….elle a une de ces croupe ! » parce que Juliette a vraiment l’air de faire la tête.

Roméo veut retrouver Juliette

Dans mon petit jardin ou Murphy s’adonne avec passion à son passe temps favori (le jardinage) se trouve un mur qui nous sépare du jardin du voisin.

Dans ce jardin s’y trouve une toutou, une magnifique croisée boxer.

Avec Murphy cela a été le coup de foudre immédiat. Elle se campait sur ses pattes arrières, passait le museau par dessus le mur et pleurait chaque fois qu’elle voyait mon beaglou.

Au début je le portais pour qu’il puisse à sa guise saluer la demoiselle en lui bouffant les oreilles et les babines.

Maintenant, il n’a plus besoin de moi et en faisant des pointes sur les pattes arrières, il atteint le museau de la demoiselle et c’est ainsi qu’ils passent de long moments à s’embrasser.

Aaah C’est beau l’amour … !

Et puis un jour ils ont décidé que le flirt s’était sympa mais courir et jouer ensemble ça serait plus cool ( pas d’arrières pensées pour la demoiselle, elle a été stérilisée). Ils ont donc décidé d’un commun accord de creuser sous le mur puisque apparemment on leur interdisait l’escalade de celui-ci.

Voyant notre Murphy s’attaquer avec frénésie à la réalisation d’un tunnel, mon mari a décidé de le mettre au chômage en fabriquant un petit parterre en cailloux et pierres délimité par des jolis rondins de bois.

J’avoue avoir été sceptique au début mais il s’est vite avéré que mon Roméo avait compris le message : Interdiction de creuser un tunnel même pour aller voir Juliette.

Juliette, quant à elle, n’entendant plus son Roméo creuser, a vite arrêté les travaux de son coté.

Tout est bien qui finit bien, allez vous me dire….

Heu…on parle de Murphy alors j’aurai dû me douter qui n’allait pas en rester là.

…. La suite au prochain numéro !

Le passage de la honte.

Après plusieurs recherches sur le terrain et kilomètres avalés, nous avions enfin trouvé Murphy et moi le parcours idéal pour la promenade quotidienne.

Nous évitions ainsi, murets blancs afin d’éviter les traces douteuses d’un lever de patte non anticipé, flaques éternelles de boues pour éviter éclaboussures volontaires d’un beaglou joyeux et terrains moyennement clôturés pour éviter rencontres malencontreuses avec autres toutous voulant affirmer leurs statuts de mâle dominant avec un beaglou trop gentil ( à mon avis il a les pépettes mais n’allez surtout pas répéter que je vous l’ai dit ).

Le parcours était parfait, trottoirs longeant murs en briques, herbe à volonté, route peu fréquentée et petit chemin dans lequel Murphy pouvait sans interdit s’adonner à la pratique truffe au sol, queue en l’air.

Nous parcourions ainsi 3 à 4 kms en toute tranquillité…

Vous vous doutez bien qu’avec ma « star » rien n’est permanent et ce joli itinéraire est vite passé de promenade à parcours du combattant !

Par un beau matin ensoleillé, nous partîmes donc, joyeux et confiants. L’aller se passa sans anicroches mais au retour je ne sais pas pourquoi un virage à angle droit avec trottoir rétréci, devint pour mon beaglou le passage de la honte.

Cet endroit qu’il connaissait fort bien puisqu’il le passait chaque jour en ma compagnie devint pour lui infranchissable, le mur en devint maléfique, le trottoir un ennemi.

Il s’est mis à stopper net trois bons mètres avant le passage, à se débattre pour enlever son harnais et à refuser catégoriquement de franchir le coin du mur !

J’ai eu beau lui dire gentiment «  Mais Murphy, c’est le même mur, même trottoir celui que tu as passé dans l’autre sens y’a pas longtemps », j’ai même essayé la méthode de l’armée américaine «  Sors moi ces coucougnettes, petite fiotte, t’es un mâle, un vrai ! ».

Je sais, pardonnez moi, j’ai un peu perdu mon self contrôle avec mon beaglou têtu mais de toute façon ….rien n’y a fait.

Alors si vous passez dans mon village un jour et que vous remarquez une dame avec un beaglou sous le bras pour effectuer environ 5 mètres ….Ne vous demandez surtout pas pourquoi !

Et si ……

Ralphie est avec les anges depuis 3 ans mais si elle venait me parler dans un rêve que me dirait elle ? Alors pour tous les beaglous disparus, j’ai imaginé cette petite discussion.

Elle : Coucou Môman, comment vas tu ?

Moi : Ralphie c’est toi ma fifou ?

Elle : C‘est bien moi .

Moi : Ça me fait drôlement plaisir de t’entendre … au fait tu parles ?

Elle : Le privilège d’être au ciel, c’est mieux pour communiquer. D’où tu es, tu ne vois pas ma queue bouger ni l’expression dans mon regard .

Moi : Alors c’est comment là-haut, t’as des potes ?

Elle : Des tonnes et des tonnes de potes, ne t’inquiètes pas,  je ne suis pas seule.

Moi : Dis moi ma fifou , pourquoi tu viens me parler maintenant ?

Elle : Y’a des choses que je voulais te dire.

Moi : Je t’écoute.

Elle: De là-haut je vois des choses et j’en comprends beaucoup d’autres. J’ai toujours pensé qu’une vie de chien était celle que j’avais eu. Je me suis rendu compte de mon erreur. Comment des personnes peuvent-elles prendre un de mes copains et l’abandonner parce qu’il n’est pas comme ils souhaitaient, comment font elles pour penser que nous sommes comme un meuble que l’on peut utiliser, mettre dans un coin et nous jeter quand on en veut plus.

Certains nous traitent de débile, pensent que l’on ne comprend rien.

D’accord on a pas le QI d’Einstein et alors ? Eux non plus apparemment !

C’est vrai qu’on fait des bêtises, qu’on en fait quelque fois qu’à notre tête, que certains de mes compatriotes sont particulièrement dissipés,  je sais et je vois tout ça.

Est-ce une raison pour nous battre ou nous jeter sur le bord de la route ?

Je vois des copains qui vivent un cauchemar, d’autres qui se résignent à être inexistants et ça me met en colère.

Moi : Faut pas ma fifou tous les hommes ne sont pas comme ça.

Elle : Je sais Môman, je le vois aussi tu sais. Heureusement qu’il y a beaucoup de gens comme toi

Au fait je voulais te dire, je sais que tu as eu peur de « m’abandonner » quand Murphy est arrivé dans ta vie. Je t’interdis de penser ça, j’ai eu un vie magnifique, une vie que je souhaite à tous les chiens, un vie remplie d’amour et de câlins. Ne t’inquiètes surtout pas parce que l’amour que tu m’as donné il est avec moi pour l’éternité.

Moi : Quelque part au fond de moi je le savais mais que tu me le dises….c’est bizarre de dire ça d’ailleurs… d’avoir un conversation avec un beaglou, c’est comment dire, irréel ?

Elle : A vrai dire ça l’est puisque tout ça est un rêve sorti de ton imagination. Bon Môman il faut que je te laisse, y’a des nouveaux arrivants au paradis des chiens, il faut que je les accueille.

Moi : Reviendras tu me parler encore dans un de mes prochains rêve ?

Elle : Je ne te promets rien… j’adore courir avec tous mes potes et puis je vis hors du temps maintenant, ou chaque jour est un éternel recommencement de joie et de bonheur.

Au fait faudrait que tu te réveilles maintenant, mon petit frère Murphy est en train de bouffer la télécommande !

Le loup des steppes et le vilain noiseau !

Je suis Murphy, le sang du premier loup des steppes coule dans mes veines. Je fais fuir les intrus, je défends l’opprimé, je suis le grand, le beau, le fort, l’invincible. « AH AHA HAHA !  Oiseau de mauvaise augure, tu ne fouleras pas un centimètre de plus de mon jardin ».

Je suis à l’affût, mes muscles sont bandés, prêts à me faire bondir. « C’est ça, c’est ça, viens plus près maudit volatile… ».  Je bondis, je cours, je saute…. l’oiseau fuit. Je suis Murphy,  le chasseur féroce !

Le lendemain:

Je suis Murphy, le sang du premier loup des steppes coule dans mes veines. Je suis à l’affût, immobile. Ma victime ne m’a pas remarqué,  je me fonds dans le paysage. J’avance à pas de loup maintenant et…. Je bondis…. Et je m’arrête net. « Qui es tu volatile gris ? De près, tu es plus gros que je ne le pensais ».  Je m’assois. « Comment oses tu me toiser ? Tu vas connaître le grand, le beau, l’invincible, le chasseur féroce ». Je fais un bond vers lui. Le méchant volatile ne s’envole pas. Il me fixe dans les yeux et me fait « ROURROURROUOUOUROU ».

« Môman ! Au secours »…. crie Murphy en se précipitant derrière mes jambes…. « Le vilain noiseau m’a fait ROURROUROU, j’ai peur ! »